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Le boeuf de Mèze

Autrefois, Mèze s’appelait Mezua, ce qui veut dire « au milieu des eaux ». Le village d’alors n’était pas là où il est aujourd’hui, mais sur une presqu’ile au milieu des eaux de l’étang de Thau. C’était pratique pour défendre la ville, car en ce temps-là les dangers ne manquaient pas. 

A la même époque, vivait au hameau des Mourgues un paysan, qui cultivait tout seul sa terre, avec son boeuf. Nul ne voulait vivre aussi loin de Mèze et on disait qu’il était fou de ne pas chercher l’abri des eaux, mais de préférer les vastes terres ouvertes. 

Pourtant, un jour, les choses changèrent. Tout à coup, les eaux de l’étang se mirent à monter, engloutissant toute la presqu’île. Les habitants de Mezua grimpèrent sur leurs toits mais même alors, ils se savaient condamnés : les eaux continuaient à monter et ils seraient bientôt noyés. 

Le paysant, voyant cela de loin, chuchotta à l’oreille de son boeuf et celui-ci s’élança vers l’étang. Il nagea bravement, affrontant les courants déchaînés, et ramena vers la berge plusieurs mézois, qu’il avait pris sur son dos. Puis il repartit et en sauva d’autres, puis encore d’autres. 

On dit que le brave boeuf sauva ainsi presque tout le village. Hélas, alors que les rescapés se réchauffaient sur la rive, et qu’après plusieurs heures de lutte contre les flots le brave boeuf était parti chercher les derniers manquants, la pauvre bête épuisée disparut dans les eaux, et avec elle les derniers sauvés. 

Les Mézois recontruirent leur ville, cette fois sur la rive. Et en l’honneur de la brave bête, ils prirent le boeuf comme animal totémique.